Flottements

FL.
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La décision me vient de re-constituer, pièce par pièce, ma petite vie. De raviver ce qu’il y a maintenant dix ans j’appelais les Flottements, ou “les divagations de celui qui ne savait plus rêver”. Je n’ai pas perdu la drôlerie de mon regard sur moi-même: je l’ai simplement laissée croupir sur le sol aride de mes insuccès, forgeant dans le feu de la colère mon épais repoussoir de carapace. Jadis je criais de solitude. Aujourd’hui, l’écho de ma complainte n’a pas fini de retentir. Il n’y a donc pas de musique qui ne soit déjà siennne, pas de timbre qui ne soit d’emblée familier. On y goûtera les saveurs de mon enfance, celle que je n’ai jamais quittée, mais que je ne laisse1 de regretter.

  1. Entendre “laisser” comme “cesser”. Une vieille formule qu’il me semble avoir lue chez Durkheim.

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