Flottements

FL.
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Je suis à la gare de Marrakech. Le matin est ingrat. Sans surprise, je rate le train. L’attente ma compagne, le texte me vient et ne me quitte pas un seul instant le long du voyage. Puis, la semelle en caoutchouc de ma Zara en faux-cuir foulant le sol de la ville, je me laisse envelopper par la prose. L’espace d’un instant, il y a comme une lueur d’espoir, là, au moment où mon regard croise en général celui de la personne qui sans peur vient de trainer vingt-sept wagons comme un seul bolide sur 400 kilomètres.

Oui, en fin de voyage en train, quand le dragon soupire encore sur le quai, les poumons encore chauds, la vapeur sifflant, j’aime faire un signe de tête à la personne aux commandes, comme ça, menton levé puis front baissé pour dire “Salutation!”, “Respect!” et “Force à toi!”.

Oui, je cherche cela en fin de voyage. Mais là, aujourd’hui, personne, et donc rien, sauf le vertige d’en être encore assigné à ma propre existence.

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